COUPLETS SUR L'ORIGINE DE LA MAÇONNERIE D'ADOPTION.

 Cliquez ici pour entendre l'air mentionné, séquencé par Christophe D.

Ces (nombreux) couplets proviennent des pages 161-6 de la Lyre maçonnique pour 1810. C'est un des nombreux exemples de la surabondance, dans la production maçonnique (plus festive que philosophique) sous l'Empire, des chansons destinées aux Loges d'Adoption. Et c'est aussi une des nombreuses chansons (voyez par exemple ici ou ici) où l'on voit Cupidon circonvenir les maçons.

Voir ici sur l'air L'Amour galant, c'est son usage

On remarque que Laujon est ici orthographié Laujeon.

PESSEY

Pessey (1769-1839), membre de la Loge St-Eugène, se prénomme d'après cette fiche Bossu Michel-Antoine-Hyacinthe et est propriétaire

Il est désigné ici comme ancien régisseur du prince de Montmorency-Luxembourg et ancien maire de Cany-Barville et ici comme administrateur général des Biens de Madame la Duchesse de Beaumont-Luxembourg, âgé de 51 ans en 1821.

On peut lire ici sa nécrologie, qui nous apprend notamment qu'il était l'ami de Désaugiers.

Il est l'auteur d'un autre cantique d'Adoption paru dans la Lyre maçonnique de 1811 et il est cité à la liste des auteurs également de la Lyre maçonnique pour 1809.



    
 
           
                  

 L'ORIGINE DE LA MAÇONNERIE D'ADOPTION.

 

COUPLETS

 

 chantés à la fête de Saint-Jean d’hiver, à la Respectable Loge Saint-Eugène, à l’Orient de Paris.

 

 

Air : L'Amour galant, c'est son usage. (du Mai de M. Laujeon)

 

 

 

 

Loin de toute oreille profane, 
Je puis bien, sans être indiscret, 
Et sans crainte qu'on me condamne, 
Mes soeurs, vous conter en secret 
Comment jadis vos bonnes mères 
Firent chanter à tous nos Frères :

Ah ! quel plaisir d'être Maçon, 
De Maçonner, maçonner ensemble, 
Quand jeune Soeur, gai compagnon 
Même atelier rassemble.

 

 

 

 

 

De nos Maçons des premiers âges 
Voilà l'histoire ; nos aïeux, 
Dans le temple, aussi froids que sages, 
Sans Soeurs, ne maçonnaient qu'entr'eux. 
Avec le compas et l'équerre, 
Les bonnes gens ne songeaient guère

Au doux plaisir d'être Maçon, 
De Maçonner, maçonner ensemble, 
Quand jeune Soeur, gai compagnon 
Même atelier rassemble.

 

 

 

 

  

Assez jaloux de son empire, 
Partout l'Amour veut se glisser : 
Quoi! ces sages, dans leur délire, 
De moi, dit-il, vont se passer?
Non, je veux, changeant leurs mystères,
Faire chanter à tous ces Frères :

Ah! quel plaisir d'être Maçon,
De Maçonner, maçonner ensemble, 
Quand jeune Soeur, gai compagnon 
Même atelier rassemble.

 

 

  

 

 

Vite, il fait un appel aux Grâces ; 
De beautés survient un essaim : 
Sujets charmans, suivez mes traces,
Mon succès n'est plus incertain. 
Réformons la Maçonnerie,
Et qu'à vos pieds chacun s'écrie :

Ah! quel plaisir d'être Maçon,
De Maçonner, maçonner ensemble, 
Quand jeune Soeur, gai compagnon 
Même atelier rassemble.

 

 

  

  

 

Il dit : on volé, on se rallie 
Près des remparts : Point de blocus ;
Avançons; ma troupe jolie
Ne peut rester aux pas perdus.

De cinq coups il frappe à la porte : 
- Qui frappe? - Un dieu. - Qui veut? – J'apporte 

Le doux plaisir d'être Maçon, 
De Maçonner, maçonner ensemble, 
Quand jeune Soeur, gai compagnon 
Même atelier rassemble.

 

 

 

  

 

Pour l’Expert l'annonce est nouvelle ; 
Il ouvrę. Un regard curieux 
Vient se fixer sur chaque belle, 
Dont un bandeau couvrait les yeux : 
A cet aspect, plus d'un soupire, 
Et tout bas déjà semble dire :

Ah! quel plaisir d'être Maçon, 
De Maçonner, maçonner ensemble, 
Quand jeune Soeur, gai compagnon 
Même atelier rassemble.

 

  

 

 

 

Salut Maçonnique à nos Frères, 
Dit l'Amour,
Maçon dès long-tems :
Ainsi que vous, j'ai mes mystères ;
J'ai mon temple : j'ai mes serments ;
Attouchements, signes, épreuves ; 
J'ai tout ; mais chez moi l'on fait preuves

Du doux plaisir d'être Maçon,
De Maçonner, maçonner ensemble, 
Quand jeune Soeur, gai compagnon 
Même atelier rassemble.

 

 

  

 

 

A ce discours un peu profane, 
Grande rumeur chez les barbons : 
Point de mélange que condamne
L'ordre antique des vrais Maçons,
- L'ordre, disent les jeunes Frères,
Devrait de nouvelles lumières

Au doux plaisir d'être Maçon,
De Maçonner, maçonner ensemble, 
Quand jeune Soeur, gai compagnon 
Même atelier rassemble.

 

 

 

  

 

Mais dans le coeur des vieux rebelles 
L'Amour fait jaillir son flambeau, 
Et des yeux de toutes vos belles, 
Au signal tombe le bandeau : 
Tendre regard et doux sourire, 
Tout charme en elles, tout respire

Le doux plaisir d'être Maçon, 
De Maçonner, maçonner ensemble, 
Quand jeune Soeur, gai compagnon 
Même atelier rassemble.

 

 

 

  

 

D'autres feux l'Orient s'éclaire : 
Des trois mains tombe le maillet ; 
La plume échappe au Secrétaire ; 
Et l'orateur reste muet. 
Au Midi le Nord se rallie ; 
D'une voix enfin tout s'écrie :

Ah! quel plaisir d'être Maçon, 
De Maçonner, maçonner ensemble, 
Quand jeune Soeur, gai compagnon 
Même atelier rassemble.

 

  

 

 

 

Du plus beau jour de nos vieux pères, 
Ce soir, j'ai revu le tableau ; 
J'ai vu les Grâces et leurs mères 
Entourer l'Amour en bandeau ; 
Et près de ces Soeurs qu'il adore, 
Chacun de nous redit encore :

Ah! quel plaisir d'être Maçon, 
De Maçonner, maçonner ensemble, 
Quand jeune Soeur, gai compagnon 
Même atelier rassemble.

 

 

 

 

 

Par le Frère PESSEY, 

Souverain Prince Rose+, Orateur de la Loge de Saint-Eugène, à l'Orient de Paris.

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