Santé des Visiteurs

Cliquez ici (midi) ou ici (MP3) pour entendre un fichier du n° 635 de la Clé du Caveau, séquencé par Christophe D.

Cette Santé des Visiteurs par le Frère Delalande constitue le n° VIII (pp. 14-15) du Recueil de Cantiques pour la Loge de la Parfaite-Union à l'Orient de Douay.


        

Santé des Visiteurs

Air : Voulez-vous suivre mon conseil.

Dans le système Epicurien,
Dont j'aime à retracer l'histoire,
Frères, quand on a fait le bien,
Il faut égayer sa mémoire.

Armons-nous, mes Amis, chargeons ;
Mettons la mèche à nos canons.   bis.

 

Si l'Architecte des humains
Nous donna la poudre en partage,
Il écrivit dans nos destins :
« Maçons, faites-en bon usage. »

Armons-nous, etc.

 

Voyez ces Sages si vantés,
Dont, jadis, s'honora la Grèce ;
Dans leurs banquets, que de santés
Venaient égayer la sagesse !

Armons-nous, etc.

 

A l'amitié livrons nos coeurs,
Fixons le plaisir qui s'envole ;
De nos illustres Visiteurs,
Prenons la gaité pour boussole.

Armons-nous, mes Amis : chargeons ;
Pour la santé de ces Maçons.   bis.

 

Que pour eux le plus grand des feux,
Perçant la voûte du mystère,
Aille jusqu'au séjour des Dieux
Eclairer comme le tonnerre.

Armons-nous, mes Amis : tirons ;
Au bonheur de ces vrais Maçons.   bis.

 

                          Par le Frère DELALANDE.

L'air mentionné est Voulez-vous suivre mon conseil. A notre avis, il doit s'agir plutôt - d'autant que la métrique concorde - de l'air Voulez-vous suivre un bon conseil. Nous disposons de 2 possibilités distinctes pour cette chanson, correspondant aux n°s 635 et 836 de la Clé du Caveau.

Le 3e couplet utilise un thème (les santés agrémentant les banquets des Sages de la Grèce) également utilisé par le 1er couplet d'une chanson de Desveux et le 4e d'une chanson de Garnier.

la Société du Palladium

Dans leur riche ouvrage Les francs-maçons dans la Loge et la Cité Orient de Douai 1743-1946, Allender & Rousseau rappellent que Bègue-Clavel, dans son Histoire pittoresque de la Franc-Maçonnerie et des sociétés secrètes anciennes et modernes, mentionne (p. 407) une Société du Palladium qui aurait été fondée à Douai par Fénélon. 

Selon l'Histoire de la fondation du Grand Orient de France de Thory en 1812 (p. 209), c'est précisément la Loge de Douai qui au début du XIXe détenait les archives de cette Société (qui était mixte) et s'intéressait à son histoire. La cérémonie d'admission à son second grade, celui de Compagnon d'Ulysse, est ainsi décrite :

Le néophyte reçoit le nom d'Anacharsis. Livré à deux adelphes qui prennent ceux de Diomède et d'Ulysse, on lui apprend, dans un dialogue en vers assez médiocres, que le larcin du Palladium est l'objet qu'on se propose, et qu'on l'admettra à partager les dangers et la gloire de cette entreprise. Le récipiendaire, la main droite sur le cœur et la gauche posée sur le bouclier de Minerve, prend l'engagement de la seconder. Il prête le serment de fidélité, après lequel Diomède, qui lui sert de guide, le conduit dans une salle où sont les tombeaux des sept sages de la Grèce. Le récipiendaire passe successivement devant ces tombeaux. Les ombres des sept sages sont supposés lui parler tour à tour et lui faire un abrégé de leur histoire. Presque tous ces récits sont terminés par des maximes de sagesse.

Ce n'est donc pas nécessairement un hasard si cette chanson douaisienne de 1800 fait référence aux Sages de la Grèce.

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