Cantique sur l'Espérance

  Cliquez ici pour entendre l'air alternatif proposé

Ce cantique est extrait (T. 1, p. 169 - ce tome est accessible sur Google-livres) des Annales Maçonniques du Frère Caillot (Paris 1807).

CANTIQUE 

SUR L'ESPéRANCE

Fait et mis en musique par le Frère Plane
pour le jour de l'installation de la Loge de l'Espérance

On peut le chanter sur l'air : Je suis Lindor.

 

N'attendez pas la plaintive romance ;
Ses doux accents conviennent à l'amour
A l'espérance appartient ce beau jour :
O mes amis ! je chante l'Espérance.

 

L'infortuné qu'assiège l'indigence
Languit courbé sous le poids du malheur : 
Tout meurt pour lui ; parents, amis, bonheur. 
Mais dans son cœur vit encor l'Espérance.

 

Des vastes mers franchissant la distance,
Le nautonier affronte le trépas ;
En vain l'abîme est ouvert sous ses pas,
Il dort tranquille au sein de l'Espérance.

Des longs malheurs qui désolaient la France,
J'ai vu gémir nos frères dispersés,
L'autel désert, nos temples renversés ;
Sur leurs débris s'élève l'Espérance.

 

Enfin renaît la douce confiance ;
L'Orient brille, et cent peuples divers
De nos travaux remplissent l'Univers : 
Vive à jamais le jour de l'Espérance.

 

Daniel Ligou le cite (p. 106) dans Chansons maçonniques des 18e et 19e siècles (ABI éd.).

Le cantique témoigne de la relance des activités maçonniques après le coup d'arrêt occasionné par la Révolution, auquel le texte fait clairement allusion (Des longs malheurs qui désolaient la France - J'ai vu gémir nos frères dispersés - L'autel désert, nos Temples renversés ...).

On peut raisonnablement supposer qu'il s'agit ici de la Loge parisienne l'Espérance, qui selon Bésuchet fut constituée le 28.9.1802, plutôt que de la bruxelloise du même nom, constituée en 1805.

Voir ici sur le compositeur, le Frère Plane.

Voir la partition de l'air alternatif proposé, la partition originale semblant perdue.

 

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