Couplets de Réception

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Ces Couplets dus à Servière figurent aux pages 20-22 de la Lyre maçonnique pour 1809. Conformément à une convention fréquente, ils sont destinés à traduire l'enthousiasme émerveillé du nouvel initié.

Comme d'autres Couplets de Réception du même recueil, ceux-là dus à Aubertin, ils sont dédiés à la Loge de l'Espérance (Loge également mentionnée ici), ce que souligne le dernier mot de chaque couplet.

Voir ici sur l'air Avec vous sous le même toit

COUPLETS DE RECEPTION

dans la Respectable Loge de l'Espérance,

AIR : Avec vous sous le même toit 

J'AVOIR l'espoir depuis long-temps 
D'assister aux banquets aimables 
De gens dont les mœurs, les talents, 
Sont aussi rares qu'honorables : 
Je suis parmi vous, et je vois, 
Au gré de mon impatience, 
Que le destin, pour cette fois, 
N'a pas trompé mon espérance.

Je vois dans ce lieu fortuné 
Un peuple d'amis et de frères, 
Et je crois avoir deviné 
Quelque chose de vos mystères ; 
Oui, je m'aperçois que l'erreur 
N'a sur vous aucune puissance, 
Et que vous placez le bonheur 
Dans la loge de l'Esperance.

En amour, nous le savons tous, 
Avant de jouir, on espère ; 
Mais je m'aperçois que chez vous 
On suit un usage contraire ; 
Vous ne me faites point languir 
Dans une trop longue abstinence : 
Aujourd'hui j'obtiens le plaisir 
En même temps que l'espérance.

De la faveur que je reçois 
Mon cœur connaît tout l'avantage : 
À suivre vos heureuses lois, 
Amis, pour jamais je m'engage. 
Oui, près de vous, à l'avenir, 
Pour faire preuve de constance 
Je ne forme plus de désir, 
Et je m'en tiens à l'espérance.

Dans votre état, braves Maçons, 
Dès ce jour ma tâche commence : 
J'aurai besoin de vos leçons, 
Et j'espère votre indulgence. 
À vos travaux associé, 
Quand j'obtiens votre confiance, 
J'espère encor votre amitié ; 
Ne trompez pas mon espérance. 

SERVIÈRE. 

Servière

L'auteur est très vraisemblablement le dramaturge et chansonnier Joseph Servière[s] (1781-1826), auteur, souvent en collaboration avec d'autres (souvent maçons comme Désaugiers, Coupart ou Dumersan par exemple), de nombreuses pièces représentées sur les petits théâtres parisiens entre 1800 et 1807 (de 1808 à 1812, il vécut à Rome, puis il devint fonctionnaire) ainsi que d'un recueil de chansons publié en 1826.

Il est également l'auteur, dans le recueil de la même année, de Couplets (de 1806, publiés aussi dans plusieurs autres recueils) sur la restauration de la Loge des Neuf Soeurs, et aussi de deux pièces (sur la réunion des Loges de l'Espérance et de Mars et Thémis) dans celui de 1810 (1, 2).

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