Cantique d'Apprenti

Ce Cantique d'Apprenti signé par Auguste Mame se trouve aux pages 206-8 de la Lyre maçonnique pour 1810.

On remarquera (couplet 4) le paternaliste culot avec lequel les femmes sont invitées à corriger le défaut (la fameuse tendance au bavardage) censé leur fermer la porte de la Loge jusqu'à ce qu'elles y mettent un terme, ce qui selon l'auteur ne manquerait pas de les leur ouvrir (?).

Trois possibilités (exactement les mêmes que pour un cantique de l'année précédente) sont ici données pour l'air :

La chanson, avec quelques légères modifications (le dernier vers Apprenti n'est pas maître est remplacé par Je ne suis pas un maître ; les autres changements ne sont que de ponctuation), se retrouvera aux pp. 224-5 du volume 6 des Annales Maçonniques ainsi qu'aux pp. 235-7 du Nouveau Code Récréatif des Francs-Maçons, avec pour seule mention d'air : de l'Opéra comique


 


        

 

CANTIQUE d'Apprenti.

  

Air : du Vaudeville de l'Opéra-Comique.

ou : de celui d'Arlequin Afficheur.

ou : de la Croisée.

 

A peine dans vos rangs, Maçons, 
Vous avez bien voulu m'admettre ; 
A peine à vos sages leçons 
Ma raison vient de se soumettre ; 
Déjà j'ose élever la voix ; 
Mais bien faible je vais paraître : 
J'en demande pardon trois fois, 
Apprenti n'est pas maître.

 

Maçons, une de vos lois dit
D'aimer, de secourir son Frère ; 
Auprès de vous mon cœur apprit
Cette loi qui vous est bien chère.
Ah ! pour suivre un devoir si doux, 
Combien habile je vais être ! 
Car, dans l'art de vous chérir tous 
Je vaudrai bien un maître.

 

Femmes, l'empire de vos yeux 
Doublerait par l'art de vous taire ; 
Devant vous s'ouvriraient ces lieux 
Que vous ferme une loi sévère ; 
Mais un propos trop indiscret,
Par vous, nous trahirait peut-être,
Car chez vous, pour dire un secret, 
L'apprenti vaut un maître.

 

Ah ! corrigez vîte un défaut 
Qui nous impose un sacrifice ;
Les Maçons, à l'ordre, aussitôt 
Vous recevront avec délice. 
Par trois fois je vous salûrais,
Si vous pouviez ici paraître ; 
Trois fois.... c'est bien modeste.... mais 
Apprenti n'est pas maître.

 

Ne cherchez point, dans ces couplets, 
L'esprit du Français Vaudeville ; 
La gaîté peut, dans nos banquets, 
Briller sans les grâces du style. 
Modeste apprenti Franc-Maçon, 
J'ose encor vous faire connaître - 
Que parmi les fils d'Apollon
Je ne suis pas un maître.

 

                    Par le Frère A. MAME.

de la Loge du Tendre Accueil, à l'Orient d'Angers

Retour au sommaire de la Lyre maçonnique pour 1810 :

Retour au sommaire du Chansonnier :