CANTIQUE

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Ce cantique figure aux pages 270 et 271 du Code récréatif, sous le titre :

CANTIQUE.

Paroles du Frère Poncet-Delpech.

Air De la Pipe de tabac.

1

Le bruit des tambours, des trompettes,
N'épouvante plus nos climats, 
Le laurier qui parait nos têtes
A l'olivier cède le pas.
Quand la paix réjouit la terre 
Quand tout célèbre ses bienfaits,
En vrais enfans de la lumière 
Chantons la paix, chantons la paix.

2

Que midi plein sonne pour elle,
Pour elle, unissons tous nos vœux,
Qu'elle soit solide, éternelle, 
Et que l'univers soit heureux ;
Si quelque cœur atrabilaire 
Pouvait former d'autres souhaits,
A l'envi, pour le faire taire,
Chantons la paix, chantons la paix.

3

La paix est toujours un asile 
Entre l'équerre et le compas ;
Le Maçon, aimant et tranquille,
Fuit la discorde et les combats. 
Et ce jour cher à sa patrie, 
Si radieux pour les Français, 
De l'âme et du cœur il s'écrie :
Chantons la paix, chantons la paix.

4

Portons cette paix désirable 
Dans le monde et dans nos maisons ;
Que chacun aime son semblable, 
Par le cœur, soyons Francs-Maçons. 
La haine est une maladie 
Qui conduit aux plus grands excès ; 
Pour guérir cette frénésie 
Chantons la paix, chantons la paix.

Daniel Ligou, qui le reprend (pp. 102-103) dans Chansons maçonniques 18e et 19e siècles (ABI éd.), précise :

Nous connaissons bien l'auteur de cette chanson, Jean Baptiste Poncet-Delpech, avocat, député du Quercy aux Etats Généraux, puis aux Cinq Cents, magistrat (1749-1821). Ces couplets avaient été chantés à la "Fête de la Paix" organisée en pluviôse an IX par la Loge montalbanaise "La Parfaite Union".

Note : pluviôse de l'an IX correspond à janvier-février 1801. L'armistice de Steyer (qui allait être confirmé par le traité de Lunéville le 9 février 1801) avait été signé le 18 décembre 1800 après Marengo et Hohenlinden et ouvrait l'espoir d'une paix durable après les guerres de la deuxième Coalition.

Dans son riche ouvrage La franc maçonnerie en Quercy au siècle des Lumières (Ed. Segnat, 2008) Guy Chassagnard évoque effectivement, avec des détails qui méritent d'être lus, cette fête, qu'il situe plutôt au 2 frimaire de l'an X (23 novembre 1801) ; il mentionne qu'elle était effectivement destinée à célébrer la Paix dont les préliminaires viennent d'être signés (si c'est cette date qui est la bonne, il s'agit alors plutôt des préliminaires, signés le 1er octobre, de la Paix d'Amiens) mais aussi à rendre hommage au sage héros qui nous l'a procurée (il s'agit bien entendu de Bonaparte, à l'époque premier consul). La Tenue - qui avait commencé à 9 heures du matin et avait comporté une double cérémonie d'admission - fut suivie d'un Banquet (au cours duquel fut tiré le nombre record de 13 Santés !) et d'un bal de 3000 personnes qui s'est prolongé jusqu'au jour

C'est après la 7e Santé, celle du Grand Orient, que le Frère Ingres a entonné le cantique de la composition du très cher Frère Poncet-Delpech, qu'une incommodité a privé de participer à nos travaux.

Les diverses données ci-dessus, reprises de Ligou et Chassagnard, sont, soit confirmées soit infirmées, par le compte-rendu de la Fête donnée par la Respectable Loge de la Parfaite-Union, Orient de Montauban, à l'occasion de la paix générale (cette fête se situe dans le cadre plus général de diverses festivités maçonniques à cette occasion), qu'on trouve aux pp. 104-119 du volume 2 du Miroir de la Vérité : la date est celle du 23 novembre 1801 et le chanteur serait Jugres et non pas Ingres (il s'agit sans doute d'une faute de recopiage). On trouve au Tracé de la Tenue (p. 109) que :

Le Très Cher Frère Delcasse, visiteur, a présenté au Respectable Atelier, un cantique maçonique, analogue à la fête dont un Frère de cet Orient faisait hommage à la Respectable Loge. Le cantique ayant été lu par le Frère orateur, et le Vénérable ayant reconnu et annoncé reconnaître l'écriture, la touche délicate et le zèle ingénieux du Très Respectable Frère Poncet Delpech, président du tribunal civil, il a été demandé par tous les Frères et unanimement tiré un vivat sentimental en faveur de ce Respectable Frère ; il a été, en outre, arrêté que ce cantique serait reproduit, pour être chanté au banquet.

La Parfaite Union de Montauban

Chassagnard signale aussi que cette Loge, créée en 1787 et dont le dernier réveil date de 1947, est toujours en activité.

Beaucoup de ses membres, et en particulier son Vénérable Bonnafous, se distinguèrent pendant la période 1939-45.

Cette chanson figure également aux pages 27 et 28 de l'édition 1812 de La Lyre maçonnique sous le titre Cantique maçonnique sur la Paix et, sous le titre Chantons la paix, aux pages 224-5 de la Lyre des francs-maçons de 1830. 

Nous l'avons également trouvée aux pages 84-85 du Nouveau Choix de chansons franc-maçonnes, mêlé de plusieurs pièces de poésies et contes très amusants, recueil sans nom d'auteur paru à l'Orient et qui porte la date de 1810 (ce recueil semble avoir été en bonne partie copié sur celui de Grenier).

A la p. 237 de son ouvrage Morale de la Franche-maçonnerie, Bazot reproduit le dernier couplet en donnant comme source celle (Le Miroir de la Vérité) mentionnée plus haut :

PONCET-DELPECH. (Miroir de la Vérité, 5801, 2e v., pag. 120.)

Voir la partition.

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