Lien du Maçon

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Cette chanson occupe les pages 86 à 88 de La Lire Maçonne. Son succès - sans doute favorisé par le caractère entraînant de son air (il s'agit d'un air populaire qui, selon le site Chants populaires français, était déjà tellement en vogue au milieu du 18ème siècle qu'on le dansait au bal de l'Opéra ; il sera utilisé par Jacquelin en 1810 pour un Cantique de Santés) - est attesté par le fait qu'on la trouve dans presque tous les chansonniers du XVIIIe, par exemple :

On la retrouvera d'ailleurs également, en 1806, et sous le titre Noeud fraternel, aux pp. 467-470 du recueil de Holtrop, très souvent inspiré de la Lire : effectivement, c'est exactement la version de la Lire qu'il reprend, mais en oubliant son 7e et dernier couplet.

Elle figurera également (pp. 34-7) à la Lyre maçonnique de 1811, sous le titre Le triple Vivat.

Il nous a paru intéressant de recenser les différences entre ces diverses versions.

1. Nombre de couplets

La version initiale de Naudot comprenait, par rapport à celle-ci, un couplet supplémentaire suivi de deux refrains alternatifs :

8e

Célébrons la Lumière
Qui brille à l'Orient ;
Suivons dans sa carriere
Cet astre riant.
Nos yeux sont éclairés
Nos pas sont assurés ;

Refrain

Trois fois à mon exemple,
Chantés avec éclat ;
La lumiere du temple,
Vivat, vivat, vivat. 

ou

Au Maître de la loge,
Buvons avec éclat ;
Nos coeurs font son éloge,
Vivat vivat, vivat.

C'est cette version à 8 couplets qui sera reprise partout ailleurs (sauf par la Lire qui, comme déjà mentionné, a laissé tomber le dernier), notamment dans la partie francophone du Free-mason's vocal assistant paru à Charleston en 1807 (p. 199, sans l'alternative au refrain final).

Mais le Recueil de Ste Geneviève sera seul à en ajouter même un 9e, qui, après la dernière variante du refrain proposée par Naudot :

Au Maître de la loge,
Buvons avec éclat ;
Nos coeurs font son éloge,
Vivat vivat, vivat.

en explicite l'idée, sur le thème classique de la Santé du Vénérable :

Admirons sa sagesse,
Imitons ses vertus,
Et rendons-lui sans cesse
Les hommages dûs.
Prenons le verre en main
Pour chanter ce refrain
Au Maître de la loge etc.

2. Autres changements de fond

Le recueil de Sophonople réécrit les 4 derniers vers du 2e couplet :

C'est là tout le mystère
De notre lien ;
De la fraternité
Célébrons l'unité.

3. Modifications de forme

LIEN DU MAÇON

Air: Carillon de Dunkerque

Tous.

Par trois-fois-trois, mes Frères,
Chantons avec éclat,
Nos lois et nos mystères,
Vivat, vivat, vivat.

Seul.

1.

Ici l’Architecture
Se borne au coeur humain ;
Et la simple Nature
Fournit le dessein :
L’honneur, le sentiment,

En sont le fondement.

Refrain.

Par trois-fois-trois ensemble,
Chantons avec éclat
Le noeud qui nous rassemble :
Vivat, vivat, vivat.

2.

Notre union sincère
De l’Ordre est le soutien;
C’est la pierre angulaire
De tout le lien.
Notre Fraternité
Lui doit sa fermeté.

Refrain.

3.

Les erreurs, le prestige,
Par nous sont abattus.
C’est ici qu’on érige
Un Temple aux Vertus.
Jamais il ne périt,
Le temps le garantit.

Refrain.

4.

Nous rompons la barrière
Des préjugés trompeurs,
Le compas et l’équerre
Dirigent nos moeurs.
Mesurons nos plaisirs,
Et réglons nos désirs.

Refrain.

5.

Mes Frères, voyez comme
Tout paraît compassé
(*) ;
L’homme au niveau de l’homme
Est ici placé ;
L’exacte probité
Produit l’égalité.

Refrain.

6.

Nous sommes sans entraves;
Ici le Prince admis
Ne trouve point d’esclaves,
Mais de vrais amis.
Il doit à notre coeur,
Et rien à la grandeur.

Refrain.

7.

Petit-maître (**) fantasque,
Crépi de vanité,
Vois arracher ton masque
Par la vérité.
L’homme ici, tel qu’il est,
A nos regards paraît.

Refrain.

(*) Tout paraît compassé : L’adjectif compassé n’a pas nécessairement au XVIIIe le caractère quelque peu péjoratif qu’il a pris aujourd’hui ; les dictionnaires de l’Académie du XVIIIe donnent en effet comme définition fort exact & fort réglé. Dans un discours prononcé dans les années 1760 à la Loge verviétoise La Discrète, on lit d’ailleurs la phrase suivante : armés de l’équerre et du compas nous compassons nos actions, nous mesurons nos démarches. Il existe donc bien un verbe compasser (dont compassé n'est que le participe), qui n’est plus guère usité mais qui selon le Larousse signifie mesurer avec le compas. A l’époque il était plus souvent employé dans son sens figuré de bien proportionner une chose.

(**)  Petit-maître : voir ici.

Nous détenons également une version manuscrite de cette chanson, dans un document qui semble avoir été établi à Nice en 1797 : à quelques détails près, le texte correspond à celui de Naudot.

Par trois fois trois mes frères,
Chantons avec éclat,
Nos loix et nos mystères
Vivat, vivat, vivat.

Ici l’architecture
Se borne au coeur humain
Et la simple nature
Fournit le dessein
L’honneur, le sentiment
En sont le fondement.

Par trois fois trois ensemble,
Chantons avec éclat
Le noeud qui nous assemble
Vivat, vivat, vivat.

Notre union sincère
De l’Ordre est le soutien;
C’est la pierre angulaire
De tout le
s liens.
Notre fraternité
est la triple unité.

Les erreurs, les prestiges
Par nous sont abattus
C’est icy qu’on érige
Un temple
à la Vertu.
Jamais il ne périt,
Le temps le garantit.
Par trois fois trois 

Nous rompons la barrière
Des préjugés trompeurs,
Le compas et l’èquerre
Dirigent nos moeurs
Mesurons nos plaisirs,
Et réglons nos désirs.
(nb : ces 2 derniers vers au bas de la colonne de gauche)

Mes Frères voyez comme
Tout paroit compassé 
L’homme au niveau de l’homme
Est icy placé
L’exacte probité
Produit l’égalité
Par trois fois trois 

Nous sommes sans entraves
Icy, le prince admis
Ne trouve point d’esclaves,
Mais de
s vrais amis.
Il doit à notre coeur,
Et rien à la grandeur
Par trois fois trois 

Petit-maître fantasque,
Epris de vanité,
Vois arracher ton masque
Par la vérité.
L’homme icy tel qu’il est,
A nos regards paraît.

Célébrons la Lumière
Qui brille à l'orient
Suivons dans sa carriere
Cet astre
brillant
Nos yeux sont éclairés
Nos pas sont assurés

Trois fois à mon exemple,
Chantez avec éclat ;
La lumiere du temple,
Vivat, vivat, vivat

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