Les Admirateurs de l'Univers

 

Cette Loge du Grand Orient de France, fondée en 1808, semble avoir au XIXe siècle joui d'un certain prestige. Elle fut en tout cas, en 1840, la bénéficiaire du don par Las Cases d'un reliquaire napoléonien.

Jacquelin, l'auteur des Lyres maçonnique, en était membre en 1814.

Taskin y était en 1812 Intendant général de l'Harmonie.

Ci-dessous, deux versions différentes de sa médaille.

Comme on peut le voir au document ci-contre, elle tenait sous l'Empire Loge d'Adoption

Chevallier (voir ci-dessous) en fut longtemps le Vénérable au début du XIXe.

La Lyre maçonnique de 1813 contient un cantique d'Armand-Séville, où celui-ci est désigné comme l'Orateur titulaire de la Loge.

Selon l'hebdomadaire lyonnais le Franc-maçon dans son n° 20 du 21 mai 1887, elle procéda en 1842 à l'initiation d'un pandit hindou.

Dans la seconde moitié du XIXe, le Dr Barré en fut longtemps le Vénérable (il est d'ailleurs en tant que tel le signataire de la convocation - dont on voit ci-contre l'en-tête - à une Tenue d'avril 1875, dont l'ordre du jour comprenait une conférence sur le Mandat par le Frère Gatineau).

Comme on le voit à l'extrait ci-dessous d'une invitation à une cérémonie d'initiation le 19 juillet 1883, il l'était toujours à ce moment.

En 1921 Emile Charlet était le Vénérable.

C'est dans cette Loge que fut initié Gaston Bouley (1855-1920), président du Conseil de l'Ordre en 1910-1911.
 

Jean Gabriel Auguste Chevallier

Jean Gabriel Auguste CHEVALLIER (1778–1848), Ingénieur-Opticien près du Prince de Condé, publia en 1810 la première édition de son ouvrage Le conservateur de la vue et en 1818 un Essai sur l’art de l’ingénieur.

[Le Prince de Condé était à l'époque Louis-Joseph de Bourbon (1736-1818), Grand Maître de la maison du Roi. Ayant émigré dès la prise de la Bastille et en 1792 formé l'armée d'émigration, dite armée de Condé, il passa ensuite au service de la Russie puis gagna l'Angleterre, où il vécut jusqu'à la Restauration.]

Ci-dessous une convocation, datée de 1808, des Admirateurs de l'Univers, où il signe déjà comme Vénérable (on y notera la surcharge à la main, indiquant le changement tout récent du titre distinctif de la Loge, précédemment Loge des Chevaliers de l'Univers).

Chevallier est l'auteur d'une chanson de ce site et il a signé cinq chansons dans la Lyre maçonnique de 1813, où il est désigné comme suit :

Il a également chanté un Cantique de sa plume au Banquet d'installation de la Loge des Tributaires d'Hiram en 1809.

On le trouve encore comme signataire d'une chanson aux pp. 35-6 du recueil d'écorces de la Société du Réveil de la Nature.

La Loge publia en 1820 un Discours prononcé par l'ingénieur Chevallier, président de la société maçonnique des Admirateurs de l'Univers le 8 mars 1820, à la cérémonie funèbre qui eut lieu en mémoire de S. A. R. Mgr le duc de Berri, fils de France.

Le Chevalier Chevallier

Chevallier a-t-il voulu rééditer à son profit le coup réussi par Fabré-Palaprat avec son grotesque Ordre du Temple ? 

Dans l'ouvrage Chronique Indiscrète Du Dix-Neuvième Siècle - Esquisses Contemporaines, Extraites De La Correspondance Du Prince De *** (Paris 1825), on peut lire (pp. 261-9), à la date de 1823, une narration de l'histoire de l'Ordre du Saint-Sépulcre, qui existait sous l'Ancien Régime. Elle se continue, assez férocement, comme suit :

On avait perdu de vue cette association, lors qu'en 1814, après la rentrée du roi, l'opticien Chevallier, dont le thermomètre (ndlr : sans doute une allusion à son Thermomètre de l'Amour) est très-célèbre, trouve dans les papiers de son père, un diplôme de cette confrérie, à laquelle il avait été attaché. Ce bon monsieur, qui ne manque pas d'amour pour les titres et les honneurs, imagina de transformer l'archi-confrérie en ordre royal et militaire, religieux et hospitalier.

Bientôt des confrères surgissent de toutes parts et se décorent du titre de chevaliers, et l'on vit resplendir les noms des chefs, dans un almanach à leur usage. Bien plus : le nom du restaurateur de l'ordre, parut ainsi dans l'Annuaire de l'académie des sciences, et dans le Régulateur de la loge des admirateurs de l'univers, dont il est vénérable depuis longues années : « Le chevalier Chevallier, chevalier de l'Ordre royal militaire, religieux et hospitalier du Saint-Sépulcre de Jérusalem. »

Autour de ce chevalier, qui n'est pas un paladin, se groupent MM. Vatinel, commis au Moniteur, un sieur Armand Séville, employé aux Droits-réunis, et deux ou trois autres amis des honneurs, qui se constituent en état-major, et font fabriquer des diplômes en parchemin, un cachet de l'ordre, une croix d'or émaillé, quatre croisillons divisés en quatre quartiers, sur lesquels se trouvent sur un fond d'argent, quatre croix de gueules. Ils nomment un président. Armand Séville est secrétaire, Vatinel porte-étendard, un autre, chauffe-cire. Certain cordelier qui avait été à Jérusalem, devint grand-électeur, ou quelque chose comme cela, et reçut, de sa propre autorité, toutes les personnes qui se présentèrent, moyennant une somme convenue. On reçut d'abord à 500 fr., à 1000 fr., à 2000 fr., à 3000, et on est à 5000 fr. maintenant ; et on trouve des niais, qui pour tant d'argent achètent un bout de ruban, qui est sans honneur comme sans utilité ; mais aussi, plus d'une sentinelle vous porte les armes comme à des gens de mérite.

...

Note-de l’Éditeur.

Depuis cette lettre, une ordonnance du roi a porté l'effroi parmi les confrères, et a tout renversé. Le coup est terrible, surtout pour le triple Chevallier qui maintenant se voit obligé de mettre de côté la grande barrette où figuraient le cordon de la garde nationale de Paris, de la garde nationale de Lyon où il entre du rouge, le noir du Saint-Sépulcre, le blanc du lis, et encore deux ou trois autres couleurs. On ne lui portera plus les armes, et c'est bien dommage.

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