Air des Visitandines

Cliquez ici pour entendre cet air, dans un fichier midi séquencé par David C.

 

Les Visitandines est le quatrième opéra de François Devienne, créé en juillet 1792 sur un livret de Picard. Il en existe une version en deux actes et une version en trois actes.

 

Pour la première fois depuis 191 ans, Les Visitandines a été monté (ci-contre) en 1997 à l'Université de Californie à Santa Cruz.

Cet opéra, qui reprend un thème (les vocations forcées) fréquent au XVIIIe siècle (il fut traité, sur le mode sérieux, par Diderot dans la Religieuse et, sur le mode gaillard, dans des romans dits du second rayon), connut un énorme succès.

C'est sans doute par référence à son titre que Grenier a commis son (très leste) poème le père Hillarion, ou la Loge d'adoption au couvent des Visitandines.

Son air Ah! De quel souvenir affreux fut largement utilisé. Sa partition est visible (FVM177) sur le site de la bibliothèque de l'Université de Buffalo (Etat de New York, USA).

On lira avec intérêt, sur cet air, une page du site Corpsyphonie, qui donne également une transcription de la partition. Et tout aussi intéressante est l'analyse qu'on peut écouter sur une page du site Sept chansons

On trouve aussi la partition au n° 12 de la Clé du Caveau, avec les titres alternatifs Ah ! de quel souvenir affreux et Daignez m'épargner le reste.

Béranger a utilisé cette partition pour Les deux cousins (1821), Les cinq étages et Le contrat de mariage et Piis, en 1794, pour la liberté des nègres.

En voici les deux premiers couplets :

Ah ! de quel souvenir affreux
Votre demande m'a frappée,
Un jour nous nous connaîtrons mieux
Vous verrez comme on m'a trompée,
Le ciel en nous donnant un coeur
Nous fit un présent bien funeste,
Vous m'entendez ma chère soeur (bis),
Daignez m'épargner le reste (bis).

Dans cette maison à quinze ans
Je n'étais que pensionnaire
Un jeune abbé des plus charmants
Logeait au prochain séminaire
Un certain jour il vient me voir
Il avait un air tout céleste
Et sans la grille du parloir (bis)
Daignez m'épargner le reste (bis).

Sur son intéressante page Marengo en chantant - Les chants des militaires d'un site napoléonien, Marie-Hélène Pardoen en mentionne l'utilisation suivante, parue dans le Journal de l'Armée des Côtes de Cherbourg du 11e Jour du 2e Mois de l'An II (1er novembre 1793, sauf erreur) :

Lorsqu'une Flamme salutaire 
Par le Sans-Culotte THET
Air : Des Visitandines

Lorsqu'une flamme salutaire
Brûle les titres insolens,
Qu'osent se donner le saint père
Et ses infâmes partisans, (bis) 
Goûtons une gaîté civique,
Autour de cet autodafé,
Et chantons notre déité,
L'unité de la République (bis)

Il ne faut donc pas s'étonner que cet air, sans doute ainsi bien connu dans le milieu militaire, ait resservi, une dizaine d'années plus tard, dans une Loge militaire.

Autres utilisations de cet air sur ce site : 1, 2

Un autre air des Visitandines, Un soir de cette automne, est mentionné à une autre page de ce site.

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