Eloge de la Maçonnerie par le Frère Brad

 Cliquez ici pour entendre un MP3 de l'air de l'Amour récipiendaire

Au Précis des Travaux de la Respectable Loge de St Jean d'Écosse sous le titre distinctif des amis de Napoléon le Grand du parfait Accord à l'Orient d'Alexandrie relatifs à la naissance du Roi de Rome et à la fête de l'ordre de St Jean d'Eté 5811 figure (pp. 50-52) ce Cantique Eloge de la Maçonnerie du Frère Brad.

L'air indiqué est celui de l'Amour Maçon ; nous connaissons un poème (non chanté) de ce nom ainsi qu'une chanson (portant parfois ce titre) mais dont la métrique est un peu différente ; peut-être s'agit-il plutôt de l'Amour récipiendaire qui a même métrique ?

On en retrouvera 4 couplets (les 3 premiers et le dernier ; les deux autres, qui se réfèrent aux guerres napoléoniennes, ne sont en effet plus d'actualité en 1835) aux colonnes 496-7 de L'Univers maçonnique.

Ce texte (sans les notes de bas de page) a été recopié par Taxil à la p. 295 des Soeurs maçonnes parmi les très nombreux cantiques maçonniques qui selon lui témoignent de l'immoralité des Loges d'Adoption. Il consacre à ces cantiques son chapitre X (47 pages, dont beaucoup, comme celle-ci, n'ont d'ailleurs rien à voir avec les Loges d'Adoption), chapitre qu'à la p. 110 il annonce, avec sa perfidie habituelle, de la manière suivante :

Etant donné le sens secret de cette phrase d'argot maçonnique : « Ouvrons nos coeurs à toutes les vertus », on comprend ce qui se passe, entre Maçons et Maçonnes, après la clôture du Banquet et la fermeture de la Loge. C'est entre la quatrième et la cinquième santé que se chantent tous les cantiques habituels, autres que celui de clôture. On trouvera ces cantiques au chapitre X de cet ouvrage.

La note 1 renvoie sans doute à ce fait mentionné (p. 24) par l'Orateur dans son rapport annuel : Un enfant de la veuve (ndlr : au sens littéral, la chanson spécifie qu'il s'agit d'un orphelin) a été recommandé à votre bienfaisance. Ses talens lui ouvraient l’entrée du Lycée de Casal, mais sa pauvreté lui en fermait les portes : vous avez réparé les torts de la fortune. C'est de vous qu'il tiendra le bienfait de l'éducation, bien plus précieux que l'existence. Il est désormais votre fils d'adoption. Son jeune coeur en a pris les sentiments, et les succès qu'il obtient chaque jour vous récompensent de vos soins. (NDLR : en 1805, le lycée d'Alexandrie avait été transféré à Casal).

Voir ici à propos de la note 2.


             

       

ÉLOGE DE LA MAÇONNERIE.

 

 

Air ... de l’Amour Maçon.

 

Quel plaisir pur sur tous les fronts,
Comme un beau jour, dans ces lieux brille !
Ah ! je reconnais les Maçons
Assis au banquet de famille :
Une heureuse simplicité,
Ainsi qu'au tems de nos vieux pères,
Donne ici la félicité,
Et de nous fait autant de frères.

 

Chantons, amis, le verre en main,
L'antique noeud qui nous rassemble,
Et que toujours même destin
Unisse les Maçons ensemble :
Image du bonheur des cieux,
Cette union, et douce et tendre
Est un bien que la main des dieux
Sur la terre a daigné répandre.

 

Qui peut ignorer de nos lois
Et la bienfaisance et les charmes ?
Dans le monde combien de fois
Les Maçons ont séché de larmes !
Au vieillard ils tendent la main ;
Du pauvre ils calment la misère ;
Et toujours au jeune orphelin
Ils donnent tous les soins d'un père. (1)

 

Voyez dans ces tristes climats
Où vit le Sarmate sauvage,
Ce Maçon que dans les combats
Égare un trop bouillant courage ;
Sous le fer de son ennemi
Il tombe . . . il va perdre la vie,
Il fait un signe . . . et d'un ami
Sa main touche la main chérie. (2)

 

Comme autre fois ces chevaliers,
Qu'emportait au loin la vaillance,
Sous des lambris hospitaliers
Se reposaient de leur souffrance ;
Un Maçon qu'en lointains pays
Porte la fortune ennemie,
Sous la voûte de nos parvis
Retrouve encore sa patrie.

 

Heureux Maçons, dans nos banquets
Liés d'une chaîne éternelle,
Ah, conservons tous les bienfaits
D'une amitié pure et fidèle,
Et puissions-nous, toujours heureux,
Quand nous leur transmettons la vie,
Porter à nos derniers neveux
Les dons de la maçonnerie !

 

(1) Allusion à ce que vient de faire la Loge des AMIS DE NAPOLÉON, pour le jeune Bonsiglio.

(2) Fait historique qui se passa à la bataille d'Austerlitz, où un Maçon, officier au 9e Régiment de Hussards, fut sauvé dans la mêlée, par un officier russe également Maçon.
(NDLR : les
tristes climats où vit le Sarmate sauvage désignent normalement la Pologne, ici quelque peu confondue avec la Moravie où se trouve Austerlitz : licence poétique ou ignorance géographique ?)

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