La Loge Ecossaise de Jérusalem

 

Selon Bésuchet comme selon son propre blog, la Loge Ecossaise de Jérusalem, qui fait actuellement partie de la Grande Loge de France, fut fondée en 1807.

Un de ses membres fut Caillot, éditeur des Annales maçonniques, qui en fut aussi Vénérable en 1810. Il ne faut donc pas s'étonner de trouver à ces Annales des pièces originaires de cette Loge, comme celle-ci ou celle-ci.

On lit cependant, sur les images ci-contre et ci-dessous, la date de 1817, alors que l'usage est toujours de porter sur ce genre d'objet la date de fondation de la Loge. 

Cette bizarrerie s'explique par le fait que c'est seulement en 1817 que le Grand Orient accorda à la Loge des Constitutions (qui reconnaissaient cependant 1807 comme date d'ouverture des Travaux).

Lamentables querelles de préséance

Le 6 septembre 1805, la partie écossaise, imbue de la supposée supériorité de son Rite, avait dénoncé le concordat qui, pour se plier à la volonté napoléonienne, avait été signé le 3 décembre 1804 en vue de fusionner le Grand Orient et la toute récente (23 octobre 1804) Grande Loge Ecossaise (on lira avec intérêt sur ce point d'histoire le par. 2 de l'article de Pierre Noël, Les Grades bleus du REAA - Genèse et développements).

Cette dernière, recouvrant son indépendance, laissait cependant au Grand Orient la gestion des grades jusqu'au 18e, et donc des Loges bleues (ce n'est que plus tard, après l'Empire et la fondation du Suprême Conseil d'Amérique, que des autorités de hauts grades prétendirent contrôler des Loges bleues). Selon l'article précité, les loges bleues - même travaillant au REAA - sous le premier Empire dépendaient exclusivement du Grand-Orient et le Suprême Conseil ne se mêla jamais de leur fonctionnement

Comment alors expliquer que Jérusalem, à sa fondation en 1807, ne se soit pas rattachée au Grand Orient ? Se serait-elle voulue tellement exclusivement écossaise qu'elle ait préféré s'en passer, et n'ait reconnu comme seule autorité que celle de la Grande Loge Ecossaise, même si celle-ci considérait cela comme hors de sa compétence ?

La question reste posée, et nous savons que des historiens y travaillent. 

Il est à noter que, toujours dans le même article, Noël mentionne, à l'appui de ce qu'il écrit, le fait que l'annuaire du Grand-Orient de 1811 cite plusieurs loges, à Paris et en province, travaillant au REAA. Et, chose encore plus curieuse, dans cette liste qu'il reproduit, figure une Loge parisienne de Jérusalem, fondée le 11 avril ... 1804 et ayant pour Vénérable Rouyer.

Thirifocq, leader de l'intervention de la maçonnerie en faveur de la Commune de Paris, fut Vénérable de cette Loge en 1864.

On trouve à trois pages de ce site des chansons créées pour cette Loge, Santé du Vénérable, Santés d'obligation et Couplets (1809).

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