Hommages funèbres à Roëttiers de Montaleau

  Cliquez ici pour entendre le début de l'hymne du Frère Moilin, enregistré par Bernard Muracciole sur son Livre-CD Chants maçonniques des Hauts Grades, sur un air de sa propre composition.


(collection du GOdF) 

Roëttiers de Montaleau

Alexandre Louis Roëttiers de Montaleau (1748-1808) - qu'il ne faut pas confonde avec l'auteur du texte d'une chanson reprise sur ce site - joua un rôle éminent dans l'histoire de la maçonnerie en France.

Une source précieuse à son sujet est l'ouvrage de Jacques Tuchendler (préfacé par Pierre Mollier), Les Roëttiers de la Tour et de Montaleau, orfèvres, francs-maçons, industriels XVIIIe et XIXe siècles (L'Harmattan, 2013), qui corrige plus d'une idée reçue à son sujet.

Porset, citant Bésuchet, le décrit ainsi dans son commentaire sur l'ouvrage de Louis Amiable, Une loge maçonnique d'avant 1789, la loge des Neuf Soeurs :

Alexandre-Louis Roëttiers de Montaleau (1748-1808). Auditeur de la Chambre des Comptes en 1779 ; Maître des Comptes en 1787 ; Directeur de la Monnaie de 1791 à 1797. L'Amitié, 1775-1789 ; La Constance, 1788 ; Guillaume Tell, 1789 ; Les Amis Réunis, 1782-1792 ; Chapitre des Amis Réunis, 1788 ; Grand Chapitre Général/Grand Chapitre métropolitain, 1784-1791 ; Le Centre des Amis, 1793-1799 ...

... sixième grand maître de l'ordre maçonnique sous le titre de grand vénérable, était conseiller à la grande chambre, et jouissait comme magistrat de la plus honorable réputation. Il avait adopté avec enthousiasme les principes maçonniques. Président de la chambre des provinces du Grand Orient en 1787, il succéda, en 1793, au Frère Tassin, en qualité de président de la chambre d'administration : le Frère Tassin venait de périr sur l'échafaud révolutionnaire. Roettiers de Montaleau fut menacé du même sort ; cependant il eut le bonheur, quoique suspect, de voir sa proscription se borner à une détention qui cessa en 1795. Son zèle pour l'ordre était tel que, du fond de son cachot, il dirigeait les opérations du Grand Orient. Il y eut toutefois un interstice de plusieurs années dans le mouvement de l'ordre maçonnique en France : les réunions paisibles des Frères ne pouvaient avoir lieu au milieu des passions. Enfin le calme reparut. Roettiers de Montaleau fut le premier à en profiter pour ranimer le zèle des maçons et des loges; il paya de ses deniers les dettes du Grand Orient : le feu sacré reparut à sa source. L'ingratitude n'est pas le vice des maçons. La grande maîtrise était vacante par suite de la lettre que le duc d'Orléans, grand maître de l'ordre, avait adressée, en 1793, au journal de Paris, et qui avait déterminé le Grand Orient à déclarer démissionnaire ce prince naguère fidèle à l'ordre. En 1796, le Grand Orient offrit à Roettiers de Montaleau la dignité de grand maître; il la refusa modestement, et n'accepta que le titre de grand vénérable, dont il se démit en 1804, assuré que Joseph Bonaparte, roi d'Espagne, frère de l'empereur, acceptait le patronat suprême. II fut installé en qualité de représentant particulier du grand maître. 

Le Grand Orient était la puissance reconnue de l'ordre en France ; mais il existait encore des débris de l'ancienne grande loge de France, qui menaçait de faire schisme. Roettiers de Montaleau voulait la paix, l'union, l'amitié, et pour parvenir à ce triple bien, il rapprocha les esprits, confondit en un seul tous les systèmes, et il eut la gloire, par un concordat passé le 28 juin 1799 entre ces deux puissances, de réunir au Grand Orient l'ancienne grande loge.

Une fête brillante célébra cette fusion longtemps inespérée. L'horizon maçonnique s'obscurcit de nouveau par les prétentions de quelques frères du rite écossais, dit du 33e degré à établir une contre-puissance. Le prudent Roettiers de Montaleau vit le danger, et résolut de le faire cesser. Par ses soins, son adresse, son esprit conciliateur et ses vues toujours pures, il concilia toutes les opinions et obtint le concordat du 5 décembre 1804 qui réunit ce rite au Grand Orient où il est depuis longtemps professé concurremment avec le rite français. Cette belle vie de notre illustre frère cessa malheureusement le 30 janvier 1807 ; Roettiers de Montaleau fut regretté de l'ordre entier. Le Grand Orient lui fit faire des obsèques magnifiques dans l'église de Saint-Sulpice ; il y assista en corps ainsi que les vénérables et députés des différents ateliers de l'orient de Paris. C'était le premier hommage de ce genre que le Grand Orient rendait à son chef.

 

Divers hommages funèbres à Montaleau occupent les pp. 197 à 246 du Tome V des Annales maçonniques de Caillot, volume qui est accessible sur Google-Books.

Ils comprennent plusieurs parties musicales, que nous présentons sur des pages séparées :

 

Mais nous disposons aussi d'un autre hommage funèbre musical à Montaleau, dû à Moilin et imprimé sur feuille volante :

 

Signalons également, même s'il ne s'agit pas d'une chanson, ce quatrain, trouvé à la p. 157 de la Lyre maçonnique de 1810.

 

QUATRAIN

 

fait lors des honneurs funèbres rendus à la mémoire du Respectable Frère Roettiers-de-Montaleau, représentant particulier du Grand Maître de l'Ordre.

 

Comment de notre illustre Frère
Nombrer les actes de vertu ?
Le calcul est facile a faire : 
Comptez les jours qu'il a vécu.

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