La Bienfaisance

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A:. L:. G:. D:. G:. A:. D:. L'U:.

Tenue extraordinaire de la R :. L :. de St. Jean, sous le Titre distinctif de la Réunion des Amis du Nord, à l' O:. de Bruges, du 21e. jour du 4e. mois de l'an de la V:. L:. 5819.

La Bienfaisance,

CANTIQUE

Chanté par l'Auteur, au Banquet de ce jour, qui a été honoré par la présence de S. A. R. le Prince héréditaire.

Air : Femmes voulez-vous éprouver (cliquez ici pour la partition)

 

De l'Art Royal digne Patron,
Gardien de la céleste flamme,
Du feu sacré fais qu'un rayon
Embrâse, agrandisse mon ame :
Inspire-moi noble pitié,
De ma voix triple la Puissance;
Dans le Temple de l'Amitié
Je célèbre la Bienfaisance.

Douce Amitié, présent des cieux,
Tu te plais dans ce Sanctuaire;
C'est toi qui rends officieux
Les soins, les avis d'un bon frère;
Si des plaisirs, si du bonheur
Tu peux doubler la jouissance,
c'est que tu sais avec chaleur
Nous inspirer la Bienfaisance.

On prétend que le Créateur
Fit les mortels à son image :
Je soutiens, en observateur,
Qu'ils ne sont pas tous son ouvrage;
Dans les coeurs durs, l'esprit malin
Introduisit l'indifférence;
Dans les bons coeurs, l'Esprit divin
A sçu fixer la Bienfaisance.

 

On peut briller avec éclat
Par la valeur ou le Génie;
Brave Guerrier, bon Magistrat
Méritent bien de leur Patrie;
Mais la valeur, mais le talent
Ne rendent pas parfait, je pense;
Il faut encore ce doux penchant
Qui nous porte à la Bienfaisance.

Héros, Braves de tout Pays,
Tenez votre valeur captive;
Vos Lauriers auront plus de prix,
Si vous les entez sur l'Olive.
Dans ces lieux où règne la Paix,
Pour signaler votre vaillance,
Ne faites assaut désormais
Que d'Amitié, de Bienfaisance.

Certain Monarque généreux,
Dont nous révérons la mémoire,
Disait : je n'ai point fait d'heureux,
Ce jour est perdu pour ma gloire.
Imitons ces rares vertus,
Fesons le bien avec constance;
Regardons comme jours perdus,
Ceux perdus pour la Bienfaisance.

 

C'est dans le coeur, non dans l'esprit
Que j'ai puisé mon éloquence :
En vous offrant ce faible écrit,
J'ai compté sur votre indulgence;
Ah! de mes timides accens
Je ne craindrais plus l'impuissance,
Si j'exprimais comme je sens
Les charmes de la Bienfaisance.

Par le F :. L. J. DEBEAUNE,
R :. +:., Memb:. de ce R:. Atel:.

 

Le Prince héréditaire

Le banquet de ce jour a été honoré par la présence de S. A. R. le Prince héréditaire.

Il s'agit, non du Prince Frédéric (1797-1881), Grand Maître du Grand Orient des Pays-Bas, mais de son frère aîné Guillaume (1792-1849), l'héritier du trône, qui allait succéder à Guillaume Ier en 1840. Il avait participé à la guerre d'Espagne comme aide de camp de Wellington. Rentré aux Pays-Bas en 1813, il prit en 1815 le commandement de l'armée néerlandaise pour combattre Napoléon pendant les Cent-Jours et participer à la bataille de Waterloo (où il fut blessé, événement commémoré par le célèbre lion de Waterloo). Comme le rapporte Auguste de Wargny (pp. 232 ss.) dans le Tome II (années 1814 à 1817) des Annales chronologiques, littéraires et historiques de la maçonnerie des Pays-Bas à dater du 1er janvier 1814 (accessible via la digithèque des bibliothèques de l’Université Libre de Bruxelles), il avait, en présence de son frère, été initié le 14 mars 1817 à la Loge bruxelloise de l'Espérance, dont il allait devenir le Vénérable en titre ; un moment spécifique de cette cérémonie sera rapporté à la colonne 628 de L'Univers maçonnique.

Wargny rapporte - avec un décalage d'un jour - cette présence à la page 712 de son Tome III.

Dans les mois qui suivirent son initiation, Guillaume multiplia les visites dans les Loges belges, notamment à Bruges (comme on le voit à la présente page), mais aussi à Bruxelles ou à Mons. La monarchie mettait ainsi à profit la grande popularité du prince héritier pour consolider les liens politiques nouvellement créés par l'annexion des territoires belges aux Pays=Bas.

Comme l'écrit Wargny, à la p. 608 de son Tome 3 et à l'occasion de la participation du Prince, le 22 mai 1819, aux travaux de La Paix et Candeur, l'effet ordinaire et infaillible d'une telle présence était en effet d'inspirer le bonheur et l'allégresse.

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