Sagesse maçonne 

Cliquez ici pour entendre l'air de la page 268 de la Lire

La version originale de cette chanson se trouve :

La colonne de droite ci-dessous correspond à cette version.

Plus tard, elle a été recopiée à l'édition 1787 de La Lire Maçonne, où le contenu initial des pages 102-3 a été comprimé sur une page, afin de lui faire place, en sorte qu'elle occupe toute la p. 103.

L'image de la colonne de gauche correspond à cette version de la Lire, et l'on voit que pour tenir sur une page, il a fallu forcer la disposition typographique en regroupant, dans chaque couplet, 4 vers sur deux lignes (mais en laissant leurs majuscules initiales) ; au dernier couplet, le vers Faux Moyens ! a même été perdu dans ce processus. En outre, prônés est remplacé par vantés dans le premier vers.

On retrouvera ce texte exactement comme à la Lire (p. 57) en 1806 dans la Muse maçonne (chansonnier dont on sait qu'il s'inspire de la Lire).

Le premier couplet développe le thème de l'opposition entre la sagesse austère de certains philosophes et une sagesse riante qui est considérée comme caractérisant la philosophie maçonnique.

Douce philosophie

Ce thème est courant dans le chansonnier maçonnique du XVIIIe, par exemple dans cette Ronde :

Une sagesse austère 
Souvent cause du souci,
Jamais un front sévère 
Ne nous en impose ici

ou encore à la p. 145 de la Lire :

Du préjugé l'austère tyrannie,
Condamne le plus innocent plaisir 

tout comme dans une chanson de Le Bauld :

Loin d'ici ta morgue austère,
Philosophe sourcilleux,
Dont l'humeur atrabilaire
Fait partout un ennuyeux.

On la trouve encore ici au début du XIXe :

Au sein de la mélancolie,
Insensé qui traîne ses jours !
D'une sombre philosophie
Méprisons les tristes discours.

Le deuxième couplet contient une allusion à Diogène, personnage qui se rencontre à plus d'une reprise dans le chansonnier du XVIIIe.

Il est renvoyé pour l'air On ne s'avise jamais de tout à la page 268

SAGESSE MAÇONNE.

Air : On ne s'avise jamais de tout.

Voyez la Musique à la Page 268.

 

CEs Sages vains, si prônés dans la Grèce, 
Avoient un systême mal-entendu : 
Dans une triste & sévère vertu
Ils faisoient consister la sagesse : 
Celle dont nous suivons 
Les Leçons 
Est riante, 
Est charmante, 
Son sceptre est de fleurs, 
Son empire nous enchante,
Elle règne en contentant les coeurs.

 

Deviens Maçon, sauvage Diogène, 
Tu trouveras des hommes parmi nous. 
Un monde plein d'avares & de fous,
N'offre rien à ta recherche vaine, 
Ce n'est de toutes parts, 
Que brouillards, 
Ta lanterne, 
Toujours terne, 
N'en vient point à bout :
Entre ici, vois & discerne,
Ce qu'en vain tu cherches partout.

 

Dans les honneurs, les grandeurs, l'opulence, 
Je poursuivais un bonheur fugitif ; 
L'ambition & l'intérêt actif, 
Des humains comblent-ils l'espérance ? 
Pour jouir des vrais biens,
Faux Moyens ! 
Sages Frères, 
Vos mystères 
Sont seuls de mon goût, 
Sans vos lois & vos lumières,
On ne s'avise jamais de tout.

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