Canzonetta à Naples en 1750

Le célèbre ouvrage de Clavel, Histoire pittoresque de la Franc-Maçonnerie et des sociétés secrètes anciennes et modernes, a fait l'objet en 1873 d'une traduction en italien par les soins de Carlo Sperandio sous le titre Storia della Massoneria e delle societa segrete.

Après avoir traduit (et complété) les appendices du livre de Clavel, Sperandio en ajoute (à partir de la p. 495) quelques-uns de son cru, dont le dernier (pp. 577-9) s'intitule :

CANZONETTA Recitata in Napoli nel dì 21 gennaio 1750. Assistendo il F:. TOLVACH inglese al travaglio della Loggia Della Concordia, una delle Logge del F:. RAIMONDO DI SANGRO, Principe di San Severo, Primo Gran Maestro in Italia.

CANTATE interprétée à Naples le 21 janvier 1750. En présence du Frère anglais TOLVACH au cours des travaux de la Loge Della Concordia, une des Loges du Frère RAIMONDO DI SANGRO, Prince de San Severo, Premier Grand Maître en Italie.

Raimondo di Sangro

Personnage haut en couleur, Raimondo di Sangro, Prince de Sansevero (1710-1771), fut en effet le Grand Maître de la maçonnerie napolitaine (mais ne le resta pas longtemps, puisque dès 1751 il dut abjurer la maçonnerie pour s'éviter de sérieux ennuis avec l'Eglise).

José Ferrer-Benimeli le décrit ainsi dans les Archives secrètes du Vatican et de la Franc-maçonnerie (Dervy-Livres, 1989) :

D. Raimondo di Sangro, prince de San Severo, homme de lettres, colonel d’un régiment national, gentilhomme de chambre du Roi, et chevalier de S. Gennaio, était une des figures les plus remarquables de la société napolitaine, au temps de Charles VII de Bourbon. Né à Torremaggiore dans l’actuelle province de Foggia, il reçut son éducation à Rome, chez les jésuites où il étudia la littérature, la philosophie aristotélicienne, le droit civil et canonique, les mathématiques, la mécanique, l’hydrostatique et l’architecture militaire. Le reste de sa vie, il le passa à Naples. Il participa avec l’armée hispano-napolitaine à la guerre de Succession d’Autriche. Il combattit aux côtés de Charles de Bourbon, contre les troupes de Marie-Thérèse d’Autriche, à la bataille de Velletri, en 1744. Il fut un grand protecteur des artistes, ami des sciences occultes, collectionneur d’œuvres d’art et d’antiquités. Son entrée dans la M. date de 1750 et lui-même la raconte dans la lettre adressée à S.S. Benoît XIV le 1er août 1751.

Ferrer consacre tout un chapitre (pp. 467–485) à ses démêlés avec Benoît XIV au sujet de son appartenance maçonnique.

La Loge de la Concorde, qui portait également son nom, était, selon cette page, la plus fréquentée.

Cet appendice constitue en fait un ensemble de 4 chansons indépendantes, dont deux portent le même titre :

Titre indiqué Incipit
L'ospite Quanto vedi in questo Tempio
Il libero muratore - Canzonetta I Tra le virtù più belle
Il libero muratore - Canzonetta II Su, Fratelli, allegramente
La catena Su, Compagni, su, Maestri

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