CHANSON sur l’air

Frères, que des plus doux accords

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Cette chanson figure (pp. 83-5) au Recueil de Jérusalem de 1752, et dans de nombreux chansonniers apparentés, dont par exemple (p. 77) un recueil de 1782. 

On la trouve aussi (pp. 59-61), sous le titre Air, au recueil de la Veuve Jolly, avec une partition qui correspond bien à celle de Frères, que des plus doux accords mentionnée ci-dessous et le même texte et (pp. 61-2) au recueil de Ste-Geneviève, avec une partition différente.

On la trouve encore (pp. 34-6) au Nouveau Recueil de discours et chansons maçonnes, à l'usage de toutes les Loges régulières de 1765 et au Recueil de chansons franc-maçonnes à l’usage de la loge de l’Union paru à Francfort en 1764 (pp. 69-72).

Elle sera, sans mention d'air et sous le titre les véritables francs-maçons, reprise en 1842 (pp. 36-7) au recueil du Locle et de là recopiée (pp. 34-6) en 1865 dans le Recueil de cantiques maçonniques de la Loge neuchâteloise La Bonne Harmonie, mais sans les couplets 2 (trop épicurien ?), 5 (quelque peu abscons) et 9 (qui est, sous prétexte du principe ni politique ni religion, une véritable ... proclamation de conservatisme).

La structure de la chanson est simple : après le couplet introductif, quatre autres (se terminant chacun par Venez, nous vous reconnoissons / Pour véritables Francs-Maçons) sont consacrés aux qualités que doivent partager les vrais maçons (convivialité, esprit d'égalité, philanthropie, discrétion) et quatre (se terminant par Fuyez, nous vous méconnoissons / Pour véritables Francs-Maçons) à des défauts rédhibitoires censés exclure l'appartenance maçonnique.

La Lire utilise le même procédé (p. 236) et, au XIXe, Azé s'en servira également dans la première et la deuxième chansons de son recueil, tout comme Jouenne dans son cantique 5.

L'air Frères, que des plus doux accords figure notamment (p. 97) à la Lire, et c'est le fichier midi de cette version qui vous est proposé sur cette page.

CHANSON

Sur l'Air : Frères, que des plus doux accords

1

Jadis tu chansonnois si bien,
Ne saurois-tu le faire encore,?
Muse tu ne produis plus rien,
Ton silence te déshonore :
Chantons, consacrons nos chansons
A la gloire des Francs-Maçons.

2

Gens aimables, honnêtes gens,
Que l’esprit d’union rassemble,
Qui désirez de tems en tems
De chanter, rire & boire ensemble,
Venez, nous vous reconnoissons
Pour véritables Francs-Maçons.


      

3

Quel lustre tire-t-on du sang,
Les sentimens font la noblesse :
Vous, Grands Seigneurs, qui d’un haut rang,
Savez descendre sans bassesse,
Venez, nous vous reconnoissons
Pour véritables Francs-Maçons.

4

Vous qui tendez aux malheureux
Une main toujours secourable,
Et qui ne vous croyez heureux,
Qu’autant que l’est votre semblable ;
Venez, nous vous reconnoissons
Pour véritables Francs-Maçons.

5

Combien de coups intéressans
Ont manqué faute de mystère !
Sur nos secrets quoiqu’innocens,
Vous amis qui savez vous taire,
Venez, nous vous reconnoissons
Pour véritables Francs-Maçons.

6

Allez porter loin de ces lieux
Un aspect qui nous importune,
Vous qui par un culte odieux,
N’offrez d’encens qu’à la Fortune ;
Fuyez, nous vous méconnoissons
Pour véritables Francs-Maçons.

7

Traîtres, qui nous serrez la main,
Quand notre bonheur vous chagrine,
Vous, qui détruisant le prochain,
Voulez bâtir sur sa ruine ;
Fuyez, nous vous méconnoissons
Pour véritables Francs-Maçons.

8

Chacun pour le Frère indigent
Doit tirer le pain de sa bouche :
Vous, qui dans un besoin urgent
Montrez un cœur dur & farouche :
Fuyez, nous vous méconnoissons
Pour véritables Francs-Maçons.

9

Honneur aux Dieux, respect aux Rois,
Mais n’entrons pas dans leurs affaires ;
Vous qui voulez changer les Loix
Que constamment suivaient nos Pères :
Fuyez, nous vous méconnoissons
Pour véritables Francs-Maçons.

On trouve une autre version de la chanson (p. 320) dans un recueil apparenté au chansonnier de Sainte-Geneviève, avec comme référence d'air celui du Frère Cuvillier et des modifications de texte dont les principales méritent un commentaire :

Amans d'un Sexe gracieux
Soit qu'un heureux hymen vous lie,
Soit que de passer dans ses nœuds
Vous n'ayez pas fait la folie,
Venez &c. 

Allez porter loin de nos yeux
L'horrible ardeur qui vous possede
Vous qui par un goût odieux
Quittez Hebé pour Ganimede,
Fuyez &c.

Vous qui voulez changer aux lois 
Un culte que suivoient vos Peres,
Fuyez &c.

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