Vogt

Nous ne connaissons pas d'enregistrement de Vogt

Le procès-verbal de la Fête funèbre célébrée par le Grand Orient de France, comme chef d'Ordre de la Maçonnerie en mémoire de S. A. R. le Très Illustre et Sérénissime Frère Duc de Berry mentionne l'exécution d'une cantate du Frère Oudry, Officier du Grand Orient et dont la musique est du Frère Vogt.

Il semble hors de doute que celui-ci soit un musicien réputé à l'époque (et dont l'appartenance maçonnique avait selon Cotte d'ailleurs déjà été mentionnée dans les cahiers de l'IDERM), Gustave Vogt (1781-1870), hautboïste, compositeur et pédagogue (il publia une méthode pour son instrument). 

Il avait précisément enseigné au Duc de Berry : on peut lire (p. 13) à l'Oraison funèbre de ce dernier, prononcée au Grand Orient le 24 mars 1820 lors de la Fête funèbre mentionnée ci-dessus :

Il [le duc] cultivait lui-même avec succès ces arts qu'il chérissait, et ce même cor (*) , dont les sons plaintifs viennent d'attendrir vos âmes, a jadis fait entendre sous les lèvres de ce Prince les accords du plaisir et de la gaîté. 

(*) M. Vogt venait d'exécuter un morceau sur le cor anglais dont se servait le duc de Berry, et dont la duchesse fit présent à cet artiste après la mort du Prince..

Plusieurs partitions de Vogt sont librement accessibles ici.

 

Voici ce qu'en dit Fétis dans son T. 8 :

VOGT (Gustave), hautboïste distingué, né à Strasbourg, le 18 mars 1781, suivit fort jeune ses parents à Paris, entra au Conservatoire de cette ville, le 19 messidor an VI (1798), et y devint élève de Salentin pour le hautbois. Doué des plus heureuses dispositions, il fit de si rapides progrès, que le premier prix de cet instrument lui fut décerné à la fin de l'année suivante. Plus tard, il suivit, dans la même école, le cours d'harmonie de Rey, où il fut le condisciple de l'auteur de cette notice. Entré à l'orchestre du théâtre Montansier, comme second hautbois, en 1798, il en sortit pour aller à celui de l'Ambigu-Comique, d'où il passa, le 31 mai 1801, à l'Opéra italien du théâtre des Victoires nationales, en qualité de premier hautbois ; puis il suivit l'empereur Napoléon comme hautboïste de la musique de la garde impériale, dans la campagne de 1805, se trouva à la bataille d'Ausrerlitz, et connut, à Vienne, Haydn et Beethoven. De retour à Paris, il eut la place de premier hautbois du théâtre Feydeau et la conserva jusqu'en 1814. Entré alors à l'Opéra, comme successeur de son maître Salentin, il y resta jusqu'en 1834, époque de sa retraite. Devenu membre de la Société de concerts du Conservatoire, à l'époque de son institution (1828), il y fut attaché comme premier hautbois jusqu'en 1844. En 1825, il fut appelé à Londres, pour la saison, comme premier hautbois de la Société philharmonique. En 1828, Vogt fit un second voyage à Londres et y passa la saison, recherché, pour son talent, dans toutes les sociétés musicales. De relour à Paris, il reprit sa position de premier hautbois de la société des concerts du Conservatoire, où il se faisait autant remarquer par la beauté du son qu'il tirait de l'instrument que par le fini de son exécution. Dès 1808, il avait été nommé professeur adjoint de hautbois an Conservatoire : la place de professeur en titre de cette école lui fut donnée à la nouvelle organisation de 1810. C'est là qu'il a formé tous les hautboïstes français qui se sont fait un nom dans ces derniers temps, particulièrement Brod, Vinit, Verroust, Barré, Lavigne, de La Barre et plusieurs autres. Nommé premier hautbois de la chapelle du roi, en 1815, il a conservé celte position jusqu'à la révolution de juillet 1830. En 1829, il avait reçu la décoration de l'ordre de la Légion d'honneur. Aussi distingué par son talent qu'estimé par son noble caractère, ce digne artiste a pris sa retraite de la place de professeur du Conservatoire et de membre de la société des concerts, en 1844 : depuis lors, il a vécu dans le repos. [suit une liste de 14 oeuvres].

et dans son Supplément :

VOGT (Auguste- Georges-Gustave), ancien professeur de hautbois au Conservatoire, le doyen des hautboïstes français, est mort à Paris le 30 mai 1870. Il avait pris sa retraite de professeur non en 1844, comme il a été dit par erreur, mais seulement le 1er novembre 1853. Comme il avait été nommé professeur adjoint le 1er octobre 1802, et professeur titulaire le 1er avril 1816, il avait donc exercé ces fonctions pendant plus d'un demi-siècle.

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