Au Vénérable Hypolite Marchand 

 

Hippolyte (Hipolyte, Hypolite) Merché-Marchand (1766-1819), graveur de son état (comme y fait référence la chanson ci-dessous sous le n° 6), fut longuement Vénérable de la Parfaite Réunion à l'Orient de Paris et Très Sage de son Chapitre.

 

Pour une biographie plus détaillée de Merché-Marchand, nous renvoyons au superbe ouvrage de Pierre Mollier et Pierre-François Pinaud, L'état-major maçonnique de Napoléon (Ed. A L'Orient, septembre 2009).

Selon cette page, le diplôme ci-contre, décerné en 1806 par la Parfaite Union du Puy, est gravé par Merché-Marchand.

Cela semble avoir été une véritable tradition dans sa Loge que de le glorifier en chansons, particulièrement le jour de sa fête, ainsi que sa famille (qui, selon une note de la troisième chanson, l'y accompagnait). Tous les amuseurs publics de la maçonnerie parisienne - et ils étaient particulièrement nombreux dans cette Loge - rivalisaient d'imagination en cette circonstance, et les chansonniers de l'époque sont pleins de leurs trouvailles. En particulier, les Cantiques de quelques Frères de la Respectable Loge de la Parfaite Réunion contiennent un chapitre intitulé Cantiques chantés à la Fête du Vénérable Hyppolite Merché-Marchand, qui en comprend 4.

A travers toutes ces chansons, notre Hippolyte apparaît comme un bourgeois particulièrement bon vivant, régnant paternellement sur une bande de joyeux drilles totalement dépourvus de préoccupations philosophiques.

En voici quelques-unes :

1. Au milieu d'un joyeux repas ...

 

2. De nos loisirs charmante horloge ...

3. Amis, le plaisir nous invite ...

4. Trois fois heureux, le jour tant désiré ...

Chanson extraite de l'édition 1811 de la Lyre maçonnique, pp. 103-104. 

Armand-Gouffé était un des piliers du Caveau moderne

La chanson se retrouve (pp. 23-4), sous le titre Couplets adressés au Vénérable Frère Merché-Marchand, le jour de St-Hyppolite, sa Fête, dans le recueil Cantiques de quelques Frères de la Respectable Loge de la Parfaite Réunion.
 

CANTIQUE

 

Adressé au Vénérable Hyppolite M... le jour de sa fête

AIR : de la Sentinelle

Trois fois heureux, le jour tant désiré,
Où des Maçons se rassemble l'élite !
Par l'Amitié, le temple est préparé,
Chacun s'y rend pour fêter Hyppolite;
Dès long-temps, par le choix de tous,
Chez nous, sa place est la première;
Ah ! puisse-t-il veiller sur nous !  (bis.)
 Tant que nous verrons la lumière !

C'est par ses soins que la franche gaîté,
Dans nos travaux, à la paix et unie,
De son maillet, de son autorité,
L'usage heureux entretient l'harmonie;
De tous nuages rembrunis,
Grands Dieux, préservez sa carrière!
Qu'il vive pour nous voir unis! (bis.)
Tant que nous verrons la lumière.

Autour de lui, sa femme et ses enfans
Forment un grouppe où le plaisir pétille,
Autour de lui, les Maçons triomphans,
Pour le fêter, ne font qu'une famille;
Si le ciel écoute nos voeux,
S'il accomplit notre prière,
Nous verrons Hyppolite heureux,  (bis)
Tant que nous verrons la lumière.

Par le Frère ARMAND-GOUFFé.

Voir au sujet de l'air.

5. O vous qu'on admire à table ...

même source, pp. 104-106, même auteur Armand-Gouffé (seuls le début et la fin sont actuellement visibles sur cette page).

 

 ... (la p. 105 manque provisoirement)

AUTRE CANTIQUE

 

Adressé au même V. l'année suivante

AIR : C'qui m'amus' dans un pestaque.

O vous qu'on admire à table,
Le Maillet en main,
Ecoutez, cher Vénérable,
Mon petit refrain,
Et tout en versant la goute,
Faites, s'il vous plait,
Pour qu'ici chacun m'écoute :
Toc, toc, toc ! Maillet !

...

Des Maçons, joyeuse élite,
Secondez-moi tous,
Buvons à notre Hyppolite,
Par trois fois trois coups !
Et que du crystal sonore,
Le bruit qui lui plait,
Semble, en trinquant, faire encore :
Toc, toc, toc ! Maillet !

Par le même

6. Pour te fêter en ce jour  (Rougemont, Lyre 1813)

)

7. Couplets pour la Saint-Hyppolite : le dinde est débroché (Jourdan 1813)

8. Hyppolite nous invite  (Désaugiers, Lyre 1813)

9. Ronde  (Brazier 1813)

10. Ronde  (Désaugiers 1812) : Chantons tous

11. Couplets  (Merle 1812) : Quel jour plus heureux ...

12. Couplets pour la fête d'Hippolyte (Désaugiers 1812) : Ce soir que tout s'anime

13. La famille en chemin  (Rougemont, Lyre 1813)

14. Gloire à notre Vénérable (Désaugiers)

15. Trois ans je suis à pareil jour venu chanter notre Hippolyte  (Rougemont, Lyre 1812)

16. Nous faut-il un calendrier pour nous rappeler Hippolyte ? (Delorme, Lyre 1812)

17. Auteurs qui vous cassez la tête (Brazier, Lyre 1812)

18. Marchand fait également l'objet du jeu de mots final d'une chanson de Désaugiers et d'un hommage au dernier couplet d'une autre chanson du même.

On trouve aussi dans des recueils profanes des chansons sur le même thème, car on ne peut douter que cette chanson (sans connotation maçonnique) dédiée par Rougemont A mon ami M...., célèbre graveur, pour le jour de sa fête lui soit destinée, ce qui est sans doute aussi le cas pour cette autre du même.

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