L'esprit des Almanachs

Nicolas Le Camus de Mézières (1721-1789) est un architecte qui abandonna son métier en 1770 pour se consacrer à la littérature et au théâtre.

En 1783 il publia L'Esprit des almanachs, analyse critique et raisonnée de tous les almanachs tant anciens que modernes, recension où, pour quelques dizaines d'almanachs existants, il donne un avis (souvent sévère) et copie quelques extraits. Le projet, qui ne semble pas avoir eu de suite, était d'en publier un nouveau volume tous les six mois.

Deux des almanachs qu'il commente ainsi (et qui, sauf erreur de notre part, ne sont pas encore disponibles sur le web) concernent la maçonnerie :

  • (aux pp. 179-183) Étrennes de l'Amitié ou nouvel Almanach des Francs-Maçons, à Paris, chez la Veuve Duchesne, rue Saint Jacques. Le Camus mentionne comme auteur de cet ouvrage le Frère Nau. Selon la France littéraire de Quérard (vol. 6), Fr. Nau est un auteur dramatique et chansonnier né à Paris, auteur - entre autres - de nombreux almanachs chantants, dont celui-ci en 1776 (1775 selon une autre source). Le Camus ajoute qu'il 

ne fera pas à l'Auteur de cet Almanach le reproche d'avoir trahi le secret de l'Ordre. Il ne nous donne que des couplets, des chansons, des cantiques relatifs à la maçonnerie, & purement symboliques. 

Et il reproduit trois chansons qui sont à son avis ce qu'il a trouvé de mieux dans ces Etrennes et que nous n'avons pas encore trouvées ailleurs :

  1. Le Printemps (aux Profanes)

  2. Dans nos repas point de valets

  3. un cantique d'incipit l'ombre illustre des Francs-Maçons.

  • (aux pp. 218-227) Manuel des francs-maçons et des franches-maçonnes, nouvelle édition, enrichie de plusieurs cantiques analogues à ces deux Ordres, à Philadelphie, chez Philarète, rue de l'Equerre, au Compas. Cet ouvrage daterait de 1782 selon Grand-Carteret dans les Almanachs français en 1896 (n° 710, p. 179). Et selon la BNF, d'après Wolfstieg, il pourrait être attribué à Guillemain de Saint-Victor. Le Camus estime que cet Almanach a cela de plaisant, c'est qu'il est fait de façon que les prétendus mystères de la maçonnerie y semblent dévoilés & mis au grand jour et il s'intéresse en particulier à l'historique de la Maçonnerie, qui est amusant & écrit d'une manière séduisante ; il y consacre plusieurs pages, où l'on retrouve les divulgations sur les rituels communes à l'époque, et qu'il commente avec commisération : Quelle folie ! Quel enfantillage ! Que ne prête pas l'imagination quand on veut s'y abandonner ? Il reproduit ensuite (pp. 226-7) une des chansons du Manuel, la bien connue lanterne à la main (dans la version à 5 couplets de la Lire, mais quelques mots différent) qu'il intitule Au beau sexe.

NB : selon une autre source, il existerait aussi, à la même époque :

Nous n'avons pas trouvé d'autre trace de ces ouvrages dont il serait sans doute intéressant de pouvoir disposer dans une bibliothèque virtuelle.

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