Les chansons de Delorme

et autres Bluettes maçonniques

 

Nous avons pu consulter deux ouvrages, dont une partie du contenu est commun, intitulés Bluettes maçonniques.

Le premier (à gauche) est daté de 1806 et est signé de Delorme (voir l'encadré en bas de page). Il porte la mention déposé à la Bibliothèque impériale. Il est maintenant consultable à la BNF.

Le second (à droite) ne porte ni date, ni nom d'auteur, ni mention de dépôt, mais bien un nom d'éditeur (le Frère Brun). Celui-ci a compilé des chansons d'auteurs divers.

Tous deux contiennent des chansons et des poèmes (dans ce cas, nous indiquons "-" dans la colonne Air).

Un autre exemplaire de l'édition 1806 a été utilisé par les éditions Lacour/Rediviva (éditeur qui a un catalogue extrêmement riche de textes anciens, tant maçonniques que régionalistes) pour effectuer en 1998 une réédition en fac-similé de ce fascicule. 

Cette réédition est absolument conforme, à part quelques manques :

TABLE

N° page dans l'édition 1806 N° page dans l'édition s. d. Titre Incipit Air

5-8

9-11 Aux détracteurs de l'Ordre Maint profane parle ici-bas du Curé de Pomponne
 8 Vers pour le buste de Cambacérès -
 9-10 5 La ville assiégée ou les trois voyages J'entends gronder à chaque instant de Léonce
 10  4 Inscription pour un Temple -
 11-12 6-7 L'Acacia Je te salue, arbre illustré Comment goûter quelque repos
 13 A certain profane -
 14-16 Couplets [sur l'Initiation d'un aveugle] Nos orateurs dans leurs débats du Pas redoublé
 16 Epigramme  -
 17-19 12-13 Préceptes de plaisir et de bienfaisance Vive Epicure Vive Henri IV
 19 4 Quatrain mis au-dessus d'un squelette  -
 20-21 Au Vénérable Hipolyte Marchand Au milieu d'un joyeux repas Mon Père était pot
 22-25 Au Vénérable Hipolyte Marchand De nos loisirs charmante horloge C'est à mon maïtre en l'art de plaire
25-26 A Madame Marie A., épouse d'un de nos Frères De Marie et du Saint-Esprit de Lasthénie
26 Le désir de perfection -
27-29 19-20 Couplets chantés à une Fête de Saint-Jean d'Eté C'est un usage respecté Rions, chantons, aimons, buvons
29 Distique -
29-32 21-22 Ronde bachi-maçonnique Amis, ne nous lassons pas du branle sans fin
32 Réflexion -
33-36 41-43 l'Amour maçon (Guichard) -
3-4 Maximes du maçon -
7-9 Cantique pour la Saint-Jean On est indécis sur le Jean du pas de charge
13-14 Saint Jean L'amitié vive et pure L'amitié vive et pure
15-16 Cantique Eh ! gai, gai, gai, rions, chantons Eh ! gai, gai, gai
16-17 Le culte maçon Tous les jours l'aveugle profane Quand l'amour naquit à Cythère
17-19 Le fin mot de la maçonnerie découvert Chut ! mes amis du petit mot pour rire
23-24 Cadet-Buteux, maçon Puisq'j'ons eu la valissance J'arrive à pied de province
24-25 Cantique Pardonnez aux dures épreuves le nautonnier près du rivage
25-26 Cantique pour la réception d'un ou plusieurs profanes Si notre art auguste et sublime Si Pauline est dans l'indigence
27-28 Fait's-vous maçon Vous qui cherchez l'union Bon, bon, Saint-Léobon
29-32 La recherche mystérieuse ou la vapeur symbolique Or, écoutez tous mes amis (divers)
33-34 Tableau d'une Loge Toujours la curiosité Femmes voulez-vous éprouver
34-35 Hommage aux Soeurs D'un sexe digne qu'on l'adore Tout consiste dans la manière
35-36 Explication du tableau -
37-41 Discours allégorique -

 

Delorme

Nicolas-Antoine Delorme, homme de lettre né à Lyon, âgé de 34 ans en 1805, est cette année-là Orateur de la Parfaite Réunion, une Loge où l'on s'amusait beaucoup

Delorme collabora aussi à la Lyre maçonnique. L'édition de 1810 est parsemée de petits poèmes de sa plume, souvent d'une rare banalité. L'un de ceux-ci (p. 11) nous apprend qu'il fut initié à Lyon, à la Parfaite Harmonie (cette Loge, constituée par le Grand Orient en 1782, avait repris ses travaux en 1801). On trouve aussi la Nuit, romance maçonnique, aux pp. 192-3 de l'édition 1810 et un Cantique chanté à la Fête du Vénérable Merché-Marchand dans celle de 1812.

On trouve aussi régulièrement sa signature dans les Annales maçonniques de Caillot.

Nous n'avons pas trouvé de biographie le concernant, mais nous savons qu'il est décédé avant 1812, puisqu'on trouve dans la Lyre maçonnique pour 1812, en-dessous d'une de ses chansons, la mention suivante (p. 119) :

 

Delorme a également publié en 1808 le fascicule Les faux-maçons, satire, suivie (pp. 9-44) de poésies et chansons maçonniques.

Parmi les chansons, l'une (l'acacia) a déjà été publiée dans les Bluettes, et une autre (qui termine le recueil) est une chanson militaire dépourvue de tout caractère maçonnique (mais l'éditeur Barba précise en note que l'auteur ne voulait pas que cette chanson, un peu trop gaie, fût insérée dans un Recueil Maçonnique, et je ne l'ai fait imprimer que pour satisfaire plusieurs personnes qui me l'avaient demandée). 

Il faut noter que les chansons des pp. 27, 32 et 33 non plus ne sont guère maçonniques.

Les chansons sont les suivantes (les liens dans la première colonne renvoient à une page BNF, ceux dans la 2e à une page du présent site) :

page  Titre Incipit Air
17 L'amitié fraternelle, romance maçonnique La voix des Amis-Réunis de la Piété filiale
22 Le réveil de la Nature Mille poètes -
25 L'Acacia Je te salue, arbre illustré Comment goûter quelque repos
27 La voix du désert Sur les vices de notre âge A Paris, l'Amour commode
30 Couplets à nos Frères de la Garde Impériale Que tes exploits -
32 La nuit, romance Le malfaiteur évite la lumière De la Peine et du Plaisir
34 Couplets maçonniques (si l'on veut) pour  la fête de St Jean  Pour moi c'est assurément A la papa
38 la Parfaite Réunion, cantique Etre éternel -
40 Impromptu à des Soeurs Dans cette charmante assemblée Aux soins que je prends de ma gloire
41 Ran, plan, plan, tambour battant Je suis premier tambour maître J'ons un curé patriote

 

Les faux-maçons

Dans sa satire Les faux-maçons, Delorme critique quelques travers répandus dans certaines Loges - bien entendu, ne manque-t-il pas de préciser, autres que la sienne. Ce texte ne manque pas de piquant et il faut bien reconnaître ... qu'il n'a malheureusement pas perdu toute actualité. 

On retiendra par exemple les vers :

Nos temples sont très beaux, ils sont mal desservis ;
Nos statuts sont fort bons, ils sont fort mal suivis.

ou

Hélas ! jusqu'à minuit, que de travaux futiles !
Que de gestes de trop ! Que de mots inutiles !

Ailleurs, il met dans la bouche du Trésorier le dicton : Point d'argent, point de frère.

Et enfin, il s'insurge contre le traitement réservé à un Frère indigent ayant demandé assistance :

On trouve une réimpression des faux-maçons dans les Annales maçonniques de Caillot, aux pp. 203-211 du Tome VI (ce tome est accessible sur Google-Books, derrière le tome V).

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